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Aimargues

La mémoire de la commune

Aimargues (/ɛ.maʁg/) est une commune française située dans le département du Gard, en région Occitanie. Elle fait partie de la Petite Camargue. Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le Vidourle, la Cubelle, le Rhony et par un autre cours d'eau. Incluse dans la Camargue (delta du Rhône), la commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000 (« le Vidourle » et la « Petite Camargue »), un espace protégé (les « Costières de Nimes ») et trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Au fil de l’histoire

Le nom d’Aimargues dérive d'Armacianicum, une villa du Ve siècle mentionnée pour la première fois en 813 dans le cartulaire de l’abbaye bénédictine de Psalmody. La population se répartit dans les nombreuses autres villæ du territoire : Saint-Sylvestre-de-Teillan, au sud, Saint-Michel-de-Varanègues, à l’ouest, Saint-Gilles-de-Missignac, Saint-Roman-de-Malaspelles, au nord, Saint-Cirice de Margues et surtout Saint-Saturnin de Nodel, à l’est. Le XIIe siècle signe le déclin et la désertion progressive de ces paroisses et voit l'émergence du village d'Aimargues

Missignac connaît un développement important à partir du IXe siècle pour devenir un véritable village, regroupé autour d'une église, au XIe et XIIe siècles. Missignac disparaît à la fin du XIIe siècle ou au plus tard au début du XIIIe siècle, au profit d'Aimargues. L'église subsiste jusqu'au XVIIe siècle, sous le nom de Saint-Gilles-le-Vieux, avant de disparaître à son tour. Des fouilles archéologiques ont permis de retracer l'histoire du site.

Le château d'Aimargues, édifié avant 1185, sous le nom de castrum Armasanicarum, est placé sous la dépendance de la famille d'Uzès. En 1119, le pape Gélase II se rend à Aimargues. Il séjourne au monastère de Teillan dont il consacre l'église. Au cours des années 1160-1190, un grand nombre de castra et de villæ deviennent possessions des templiers dans la basse Vallée du Rhône. C'est le cas d'Aimargues, en 1161, qui joue un rôle important comme centre de recrutement pour le Temple de Saint-Gilles. Les frères Armand de Bordel, Raimon Alazandi et Pons Arimandi étaient originaires d'Aimargues.

Louis IX, partant pour la croisade en Palestine, fait étape dans la cité avant de s'embarquer au port d'Aigues-Mortes. Son frère Alphonse de Poitiers et sa femme Jeanne y séjournent en mai 1270. Leurs testaments respectifs, en français et en latin, sont datés d'Aimargues. Dès le XIIIe siècle, le castrum et son agglomération sont répertoriés dans le cadre de l'évêché de Nîmes qui y nomme un archiprêtre. Un recensement de 1328 quantifie 520 feux, soit 2 080 habitants environ. À la suite de la peste noire de 1347-1352, il ne reste 56 ans plus tard que 50 feux lorsque le dénombrement de la sénéchaussée de 1384 est établie, soit 200 habitants environ.

Le français apparaît à Aimargues dans un livre d'imposition en 1474.

Aimargues devient chef-lieu d'une viguerie en 1540. En 1565, avec l'érection en duché-pairie de la vicomté d'Uzès par Charles IX, la seigneurie d'Aimargues passe sous la domination de la maison de Crussol et devient le principal fief de la Basse-Vistrenque. Elle est instituée en baronnie en 1632.

En 1595, au cours de son voyage dans le Sud de la France, Thomas Platter le Jeune fait un arrêt à Aimargues.

Les guerres de Religion marque particulièrement le village aux XVIe et XVIIe siècles. En 1579, par la paix de Nérac, Aimargues devient une place de sûreté pour les protestants, et cela jusqu'à l'Édit de Nantes, en 1598. En 1616, le château est démantelé. En 1629, après plusieurs sièges, sur ordre du cardinal de Richelieu, les remparts sont à leur tour démolis. Ses pierres servent à la construction de la muraillasse de Saint-Rémy. La Tour de Fayard, demeure Renaissance ruinée, reste debout jusqu'à la première moitié du XXe siècle, mais elle doit être démolie par la suite. Il n'en subsiste que sa partie inférieure.

Aimargues quitte la tutelle d'Uzès dès la Révolution. Lors de la mise en place du département du Gard, en 1790, elle est érigée en chef-lieu de canton au sein du district de Nîmes et intègre les communes du Cailar et de Saint-Laurent-d'Aigouze. Cependant elle est intégrée au canton de Vauvert dès 1800.

Jean Bastide dit Jarret, soldat d'origine aimarguoise dans les Gardes-Françaises, qui se trouve à Paris avec son régiment, prend part à la Prise de la Bastille le 14 juillet 1789. En 1792, les Sans-Culottes dévastent les châteaux de Malherbes et de Saint-Michel.

Du 27 août au 22 septembre 1815, Aimargues est occupé par un contingent d'Autrichiens.

Au cours du XIXe siècle des édifices religieux sont construits ou reconstruits. Le premier est le temple, bâti en 1824 à l'architecture originale en façade, puis la première église paroissiale qui est transformée en halle en 1870. Devenue salle Georges-Brassens, après ravalement, elle est maintenant consacrée aux spectacles et expositions divers. Sur cette même place, une nouvelle église est édifiée entre 1864 et 1869, à l'instigation du curé Roland Lempereur, dans un style néo-romano-gothique possédant un haut clocher en façade repérable à de longues distances et dont le concepteur est l'architecte Henri Révoil.

Les origines du nom

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Provençal Eimargue (ou « Aimargas » en graphie classique), languedocien Aimargue, du roman Aimargues, Aymargues, Emargues, Armargues, Margues, Armasanegues, du bas latin Armadanicae, Armatianicae, Armatianicus, Armacianicus, Armasanica.

Les habitants sont appelés les Aimarguois, Aimarguoises.

Un patrimoine à découvrir

Du XVIIIe siècle, il subsiste au plan de Cray un bel hôtel particulier, l'hôtel de Cray (du nom de Maurice, ancien maire). Il héberge la brigade de gendarmerie du village de 1912 à 2012, et la police municipale depuis lors.

On peut voir une glacière, construite en 1786-1788, à la sortie du village. Ce petit bâtiment circulaire à toit en coupole est resté en service jusqu’en 1906, et a fait l’objet d'une restauration en 1990-1991.

Enterrée, bâtie en pierres et surmontée d'un dôme. Au XVIIIe siècle, elle conservait la glace en été pour les familles les plus riches. Elle a été restaurée en 1991.

En 2001, on répertoriait dans la commune 29 mas : à savoir, outre ceux qui suivent, le moulin Saint-Michel, la Jasse d'Isnard, Le Grand Bordes, Valescure, Charron, Le Petit Charron, Le Grand Bousquet, Le Petit Bousquet, Aubes, Pontil, Thorras, Saint-Blancard (et son puits), Bord, Bornier, Boules, Saint-Rémy (ainsi que sa noria, sa pompe catalane, ses têtes de lion et son château d'eau), Rieutord (et ses chapiteaux), Aire, Saint-Michel, Ravel, Grand (avec son pressoir, son cadran solaire et sa noria), Buade, Le Petit Bordes et Carbonnière.

Le château (ou mas) d'Andron, qui était autrefois la résidence de la grande manadière Fanfonne Guillierme.

Le château de Teillan est situé à trois kilomètres au sud du village, il date de la seconde moitié du XVIe et du XVIIe siècle. C'est un ancien castrum romain qui portait autrefois le nom de Villa Tellianis puis de Mas de l'Irle. Il fut vendu à l'abbaye de Psalmody au XIIe siècle.

Des vies liées à la commune

Georges de Coursule, baron de Saint-Rémy (1600-1673), officier des troupes de Henri II de Montmorency, s'établit à Aimargues en 1626, au mas Saint-Rémy.

Louis-Étienne Ricard (1740-1814), homme politique, habita au mas de Bord.

Jean-René de Jouenne d'Esgrigny (1770-1831), militaire, domicilié à Aimargues.

Charles de Surville (1803-1868), homme politique qui était de la famille du maire Maurice de Cray et qui possédait le mas de Bord.

Henri de Bornier (1825-1901), de la famille de Bornier, dramaturge, poète, romancier et critique théâtral, a vécu au mas de Bornier.

Paul Ménard-Dorian (1846-1907), homme politique, a vécu au mas de Malherbes.

Paul Doumergue (1859-1930), pasteur et théologien réformé, installé au mas de Saint-Michel.

Paul Roussenq (1885-1949), militant anarchiste, a vécu à Aimargues, accueilli au sein du groupe anarchiste.

Muse Dalbray (1903-1998) et son compagnon Tristan Sévère (1904-1974), acteurs, hébergés à Aimargues durant la Seconde Guerre mondiale.

Pierre Parsus (1921-2022), peintre, sculpteur et illustrateur, installé à Aimargues pendant 5 mois en 1952, au domaine de Saint-Michel.

Jean Lafont (1922-2017), manadier, ayant vécu à Aimargues.

Le paysage et le village

Aimargues se situe entre Nîmes (24 km) et Montpellier (40 km), à 20 km des plages du Languedoc.

Les communes limitrophes sont .

Située en basse vallée du Vidourle, Aimargues a une altitude très faible. Le point culminant de la commune d'Aimargues est situé à 13 mètres et l'altitude moyenne est de 8 mètres. Quelques rivières et ruisseaux sont situés sur le territoire du village, tels le Razil, le Rhôny, le Poul, la Cubelle ou encore l'Estanion. La commune est composée pour une grande partie de terrains d'alluvions modernes, mais aussi subapennins et du diluvium alpin à l'extrémité nord du territoire et possède un plan d'eau nommé la Ginouze.

Dix ans après, aucun aménagement majeur n'est encore réalisé.

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